Le Musée de l’Illustration Jeunesse (mij) et le musée Anne-de-Beaujeu (mab), basés à Moulins, opèrent une sélection animale parmi les figures incontournables de l’illustration jeunesse ainsi que chez les artistes, peintres et autres sculpteurs de toutes époques. Exposition du 5 avril au 16 septembre 2012.
Cet article propose une analyse rapide d’une paire de pièces, et non une liste exhaustive des oeuvres que l’on peut rencontrer dans cette exposition.
Du danger de lire Gil-Blas quand on a enlevé une dame aimée d’un prince de Hasinungawa de Georges-Antoine Rochegrosse (mij): C’est une peinture. Le format est carré. Le fond est jaune moutarde. Les personnages sont disposés en diagonales et du plus petit au plus grand (question de perspective), du haut gauche au bas droit de l’image. Commençons du plus grand au plus petit. C’est une japonaise agenouillée, les mains liées dans son dos, son kimono est échancré, elle vient de laisser choir son ombrelle; les liens sont eux mêmes reliés au personnage suivant. C’est un rat, il porte des lunettes, fume une pipe et lit un parchemin. C’est un samouraï, à quatre pattes s’approchant discrètement du rat enleveur de dame, katana en main. C’est un samouraï debout en train de courir portant une lanterne. C’est un homme avec un grand chapeau, sans doute le prince, agitant un bout de papier tout en rejoignant le centre de la scène. Puis viennent d’autres, tous petits et imperceptibles, protagonistes. Les parties inférieures gauches et supérieures droites sont habitées chacune par un végétal différent. Sur le bord droit de l’illustration, le titre est écrit en caractères japonais. Cette sorte d’estampe aux couleurs rehaussées, vient illustrer le principe de d’anti-héro. En effet le titre renvoie au roman picaresque, qui, parlant à la première personne narrait des histoires de pouilleux fréquentant toutes les classes sociales. Le fait que ce soit un rat renvoie, dans la culture extrême orientale, à la ruse et surtout à l’intelligence.
Le roi mort et le hibou d’Auguste Clesinger (mab): Une sculpture en bois. Un hibou, patte droite posée sur un crâne couronné, incline légèrement sa tête pour regarder dans un oeil inexistant. Ici le sens est répété, le crâne montrant le reste d’un corps mort, et le hibou symbolisant la mort principalement, le tout sculpté dans du bois mort. Sachant que l’auteur est mort, il s’agit sans doute d’un chef d’oeuvres tautologique.