Street art ?

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Samatha Bosque est une des artistes qui à le plus souvent attirée mon attention ces dernières années dans les expositions d’Andorre. Originaire de Barcelone, cette artiste est largement sollicitée dans ce petit pays qui porte un intérêt grandissant pour l’hyperréalisme. Ses peintures en négatif qui se regardent au travers du filtre d’un smartphone ou ses récentes fresques monumentales m’ont impressionné, enchanté et diverti.
Mais le vrai choc est arrivé par sa dernière exposition au musée du tabac en Andorre.
De très grands portraits hyperrealistes posés à même le sol ou sur des vieux cartons. Ces hommes et ces femmes vivent dans la rue, parfois depuis 20 ou 30 ans et ont dédicacé eux même l’image de leurs visages meurtris. La technique est impeccable et nous met face à ce que l’on ne regarde pas, que l’on évite et qui nous dérange en sortant du musée ou du restaurant.
Étudiant fauché je partageais mon repas du midi avec le clochard, ancien légionnaire, en bas de chez moi. Lycéen j’achetais une viennoiserie de plus pour le paumé du coin de la rue. Jeune ado je discutais avec le coldo du village, Boudu céleste et pétillant.
Aujourd’hui je souri d’un air gêné, presse le pas et explique à ma fille qu’on ne peux pas donner à tous le monde.
Les tableaux me font penser à ma grand-mère, qui venait chaque samedi garnir mon frigo de bohémien, non sans avoir effectué le parcours de tous les sdf de la ville avec pour chacun un sac de vêtements complet, des chaussettes au bonnet, qu’elle récupérait à la Croix-Rouge. Il y avait beaucoup de monde à sa mise en terre.
Un cercueil de plus dont le poids massif se fait plus lourd sur le cœur que sur les épaules…
A 35 balais on commence à en empiler des boites en bois dans les trous de sa mémoire. J’avais commencé à écrire une liste longue comme un poème de Victor Hugo avant de l’effacer, par pudeur.
Les memento mori sont important mais il ne faut pas oublier qu’il existe aussi des vivants un peu partout, parfois pas loin, dont il ne tiens qu’a nous qu’ils puissent l’être encore.
J’y ère
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A rose is a rose is a rose

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Aujourd’hui c’est la San Jordi.
C’est une fête de Catalogne que j’aime bien, qui équivaut à notre St Valentin. Les garçons offrent une rose à leur amoureuse, les filles offrent un livre à leur amoureux.
Cette fête prend ses racines dans l’histoire médiévale de St Geroges et le dragon. St Georges (San Jordi), délivre la princesse qui s’offre en sacrifice au terrifiant dragon qui terrorise le royaume. En récompense le roi lui offre la main de sa fille. St Georges refuse.
C’est l’esprit chevaleresque.
Et les villes en ce jour se remplissent de stands de livres et de vendeurs de fleurs. A la télé, dans les journaux ont ne parle que de culture et de littérature.
Ce thème a largement été traité en peinture. Paolo Ucello et Raphael en ont peint deux beaux exemples que l’on peux voir au Louvre.
Avec mes filles nous nous amusons à trouver les représentations de St Georges dans les musées du monde.
Notre dernière trouvaille s’est faite à la nationale gallery de Londres dans la prédelle d’un peintre de la renaissance italienne qui est toujours une joie pour moi: Carlo Crivelli.
Carlo Crivelli fait parti de ces peintres singulier qui semblent portés par cette inquiétante étrangeté dont parle Baudelaire et que l’on retrouve chez Arcimboldo, Bosch, Le Greco, Chagall, Douanier Rousseau, Munch… Des trouvailles géniales (éléments en bas reliefs, mouches en trompe l’œil, passion excessive pour les fruits), associé à quelque chose d’un peu naïf, bancal, bizarre.
St Georges par Crivelli c’est la promesse que la mort et le sexe ne peut être dissocié, comme l’annonce les attributs de la monture et cette grotte ouverte en arrière plan…

J’y ère

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Atelier Poésures – Signes

Agésandros, Polydoros et Athénodoros – Laocoon – 40 avant J.C.

- 40 -Laocoon -Agésandros, Polydoros et Athénodoros

  • Proposition de Marion

Mythe,
Dieux et déesses,
Enroulés de serpent,
Grand méli-mélo,
Du serpent qui se mord la queue
Tous à la queue leu leu
Fait de pierre et de dieu
Qui se tiennent entre eux
Très pieux.

  • Proposition de Géraldine

L’union fait la force
Face aux serpents qui serpentent comme des serpentins
Nu nous sommes, pour éviter qu’ils ne s’agrippent
Nous sommes trois pour trois bras et demi et six jambes
Nous vaincrons ou pas

  • Proposition de Mylène

Scandaleux, odieux, intolérable
Comment pouvez-vous?
Minable, pourri, débile
Comment osez-vous?
Inexplicable, improbable, inimaginable
Vous l’avez fait !!
Amputer les statues de leurs mains

  • Proposition de Louise

Appelle les dieux.
Serpents, félonie, rêves cauchemardesques.
Délivre-toi de tout.
Ne reste pas prisonnier du monde qui t’opprime.
Fantasmagorie oblige.

  • Proposition de Nicolas

Il était une fois une petite couleuvre.
Qui voulait devenir kinésithérapeute.
Arpentant les chemins du Péloponnèse,
Elle rencontra successivement,
Un routier sympas, un baba un peu cool,
Et un mannequin (qui n’était qu’un mâne).
Se mettant au travail, elle commença son massage.
Mal lui en prit! Tous prirent peur.
Je me repens dit le serpent.
Mais ce fut trop tard.
Seule une urne opportune
Lui permit de se sauver.

  • Proposition de Renaud

Premier essai avant l’adoption du caducée.
Retour du client :
– Trop complexe
– Surcharge d’éléments
– Poids trop élevé
– Matériaux trop coûteux
– Difficulté à reproduire en masse
– Les trois demi-manchots sont trop suaves
– Indécence du sexe à l’air, libre
– Accord pour utilisation monochrome mais pas le blanc
(rapport à la pureté moins important qu’un éventuel rapport à l’espoir)

Ceci dit le client à exprimé un avis très positif sur l’utilisation du serpent.
Çà, on le gardera.

A moins que ce ne soit autre chose.

Kasimir Malevitch – Cercle noir -1926

1926 - Cercle noir - Kasimir Malévitch

  • Proposition de Marion

Cercle noir sur toile blanche,
Ou disque noir en mathématique,
Ou lune noire sur ciel blanc.

  • Proposition de Géraldine

Je suis le cercle noir
Sur un carré blanc
Ou un carré blanc
Sous un cercle noir

Qui dit que je ne suis pas
Tout simplement
un trou rond dans un
carré blanc ou un
rond noir sur une
vitre carrée

  • Proposition de Mylène

Mais qui est là?
Un fond de l’oeil
Un espace noir
Un trou noir a n’en plus finir
Un appel, un cri dans l’infini
Absorbé par le cercle, au bord d’un blanc définitif
Une lune noire, seule, dans la profondeur d’un blanc d’oeuf
Quand, pis encore, il se mêlait à la peinture pour sublimer la lumière.

  • Proposition de Louise

Le cercle noir, que cache-t-il ?
Lueur morte dans un clair, translucide.
Où sont passées les lumières ?
Peut-être est-ce le contraire ?
Où sont les ombres de la nuit autour de ce cercle ?

  • Proposition de Nicolas

Le bout du tunnel est-il si loin?
A travers le petit trou de la serrure
Le cheminement d’une ferrure
Permettra-t-il de faire le point?

Au delà de la forme, le fond
Remonter le temps, retrouver la mémoire
S’appuyer peut-être sur une tâche noire
Pour comprendre et maîtriser le rond.

Tourne, tourne dans ton cadre blanc
Va et viens dans tous les sens
Tu es libre, je le pense
De disposer de l’espace et du temps

  • Proposition de Renaud

C’est ce que j’appellerai : une pupille dans un œil carré
C’est ce que n’importe quel geek appellerait :
Les héros de l’œil noir mais sans héros
ou
Les chroniques de la lune noire mais sans chroniques
C’est ce que n’importe quel toon appellerait : une échappatoire
C’est ce que n’importe quel astrophysicien appellerait : un trou
C’est ce que n’importe quel peintre appellerait : une surface sur une surface
C’est ce que n’importe quel écrivain appellerait : la fin de l’histoire

A moins que ce ne soit autre chose.

René Magritte – Les amants – 1928

1928 - Les amants - René Magritte

 

  • Proposition de Marion

Les amants cachés,
Avec leur drap blanc
Sur leurs visages honteux
Où est l’amour?
Caché par leur désespoir
De ne plus jamais se revoir
ADIEU

  • Proposition de Géraldine

On ne se voit pas
Mais on se sent
Pourquoi s’embrasser
Quand l’imagination suffit?
Est-ce vraiment un baisé?
Ou un chuchotement à l’oreille
C’est un mariage
Un baisé blanc.

  • Proposition de Mylène

Toi le bel inconnu tant aimé
Toi la belle jamais oublié
Qui, ce jour, a délié nos mains
Cœurs pendus, sexes éperdus, amours déchus
Unissons par le drap nos amours interdits
Fenêtre bleue sur l’inconnu…

  • Proposition de Louise

Que cachez-vous derrière vos linceuls ?
Que cachez-vous derrière vos foulards enrubannés ?
La pudeur, l’affront,… une vie cachée
Des amants effrontés, des amoureux offensants, la peur de l’autre
Ou simplement un amour solitaire, anonyme.

  • Proposition de Nicolas

Peut-on tamiser u mot d’amour ?
Peut-on filtrer un regard émerveillé ?
Peut-on étouffer un souffle attendri ?
Peut-on réfréner une intention de fusion ?
Peut-on cacher ses sentiments ?
Peut-on assourdir les battements de son cœur ?
Peut-on s’asphyxier de passion ?
Peut-être, peut-être pas, essayons !

 

Proposition de Renaud

Il n’y a pas trente six moyens,
trente trois procédés,
vingt deux biais,
treize recettes,
dix manières,
neuf façons,
huit coutumes,
sept convenances,
six techniques,
cinq méthodes,
quatre quatre,
trois système,
et deux formules,
Pour se rouler une pelle entre lépreux.

A moins que ce ne soit autre chose.

Helena Almeida – Etude pour amélioration d’intérieur – 1977

1977 - Etude pour amélioration d'intérieur -Helena Almeida

  • Proposition de Marion

Améliorer son intérieur
Quels choix :
Du bleu, du blanc, du gris,
Femme à demi cachée
Tableau de maître brisé
Cheminer dans son papier peint
A demi teint
Fin

  • Proposition de Géraldine

Non, arrêtez !
Je suis là devant vous
Non, arrêtez !
Le bleu ne me sied pas
Non, arrêtez !
Mon ombre à peur
Non, arrêtez !
C’est moi, ici, qui vous parle
Non, arrêtez !

  • Proposition de Mylène

Ce fut sa période bleue
Tout exactement tout
Fut peint en bleu
De la bicyclette au chat
Bleu marine, outremer, foncé ou clair
Bleu, Bleu, Bleu.
Bleu-vert c’est une autre histoire
Celle de l’espoir et de la chlorophylle.

  • Proposition de Louise

Que caches-tu derrière ce paravent bleu.
Toi du monde extérieur… !!
L’effroi, sensibilité exacerbée…
Montre-toi.
Ne sois plus apeurée.
Le bleu du ciel t’innonde
Ce regard sombre n’est plus nécessaire.

  • Proposition de Nicolas

Publicité pour le côté d’azur :
Sous les pas-vus, la plage
Derrière le turquoise, tu me toises
Tenant un littoral vertical
Tu m’invites, moi, le bleu
A te rejoindre, j’en suis ébleui !

  • Proposition de Renaud

Il a encore prit tout le drap.
Je m’en doutais
C ‘est pourquoi je dors en pull

D’ailleurs je ne dors que d’un œil
Celui qui peut s’y glisser… sous le drap.

Je reste quand même sur le bord
Ça fait belle lurette que je ne me colle plus à lui
La nuit…
Comme le jour aussi

Je le tire mollement… ce drap.
Je le mordille de mon seul œil écarquillé

On l’a acheté ensemble, ce drap.
A l’époque je pouvais de temps en temps
Le traîner dans les magasins.
On l’a choisi bleu parce que rouge ça attire les taureaux
Et si il est possible de trouver une moustiquaire
Il est improbable voir impossible de trouver une taureauïaire
Bleu c’est bien

Il a vécu, ce drap.
S’abîmant aux bords
Mais jamais sa couleur ne ternis
Ce qui n’est pas mon cas.

A moins que ce ne soit autre chose.

Présence Panchounette – L’art à tout casser – 1990

1990 -L'art a tout casser - Presence Panchounette

 

  • Proposition de Marion

Monsieur perché sur son lave-vaiselle
Posant nu avec son assiette
Tout autour de lui sa vaiselle cassée
Que lui est-il arrivé?
A-t-il confondu le Marche / Arrêt?

  • Proposition de Géraldine

Comment dire…
Non, vous n’aurez pas mon précieux
Vous qui êtes brisées jusqu’au centre de vous même
Vous n’aurez pas mon précieux
Juché sur le mont propre
Vous n’aurez pas mon précieux
Il est à moi et à moi seul
Qui suis assis sur une botte de sept lieu

  • Proposition de Mylène

Débris de discution, ont fait affront au Disco
Disco musique pas de fond, rythme les pas
Pas de vaisselle cassée, témoin de velléité
De ce  Discobole rattrapé pas la vérole
Des carabins fripons de l’oeuvre en cuivre

  • Proposition de Louise

Lanceur de disques… ?
Lanceur d’assiettes… ?
Assiettes brisées… nettoyage automatique…?
Où en sommes-nous ?
Dieu que la raison est éphémère… !!

  • Proposition de Nicolas

Où étais-tu hier soir, chéri?
Encore sorti écouter des disques
Avec tes potes tous coiffés au bol
Façon Beatles, et tu souris!

Moi, comme d’hab je me farcis
Toutes les tâches domestiques
On peut dire que je n’ai pas de bol
J’en ai marre de cette putain de vie!

Tôt ou tard, tiens-le toi pour dit
Je me casserai, c’est le risque
Comme la vaisselle que tu vois sur le sol
Et tu finiras seul comme un radis!

  • Proposition de Renaud

A qui d’envoyer, à qui de recevoir.
C’est la guerre.
C’est la guerre ménagère.
Une ménaguerre en quelque sorte.
Une ménaguerre apocalyptique sur le point de s’éteindre.
Puni…
Au coin, le dernier soldat entame un mouvement d’attaque,
Un geste d’assaut, une contre parade agressive,
Contre l’envoyeur, contre vous!
Surélevé sur une machine dite : de guerre, il vise…
Se malaxant la fesse gauche sur une bûche pour optimiser sa précision.
Attention spectateur…
Baisse-toi !

A moins que ce ne soit autre chose.

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Atelier Signes : BD Post Noëliptique

Infime partie de ce qui fut fait le 27 décembre 2017 à la médiathèque de Signes.

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:-)

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J’avais deux chroniques sur le feu, une triste et une sérieuse, mais l’été m’empêchait d’écrire… Et puis nous nous sommes retrouvés, avec l’ami Piermarioli, au Festival de BD de Sollies, pour écouter notre bon maître Patrick Sirot, truculer les milles et une nuits sous les pinceaux du grand Frank Pé. Ce fut un doux moment qui clôturait l’été et je me remémorais ceux qui les avaient précédé dans divers lieux d’Art: Visites en famille avec coloriages à genoux devant un crocodile de Raushenberg et une Marilyn de Warhol; appréhension tactile du Laocoon dans la galerie pour malvoyant du Louvre; Découverte entre amis de l’artiste proteïforme Merri Jolivet à la Villa Tamaris après avoir navigué sur des pointus. L’homme à tous pour me plaire: il change de style comme de chemise et est fautif d’une BD psyché avec Jean Rollin et d’affiches pour mai 68 ! Des toiles récentes de Daniel Chaland, 45 tours à l’appuie ont complété le plaisir.

Happy Art à Sanary avec pleins d’enfants qui rient et touchent à tout et les œuvres de feu Disle, ce veille anarchiste barbu.
La première exposition personelle d’un ancien étudiant très prometteur, Domenec Montané.
L’Art n’est peut être au fond qu’un connecteur. L’idée n’est pas neuve mais il faut en faire l’expérience concrète pour pouvoir l’affirmer.
J’y ère
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Caractères typographique sur écran lumineux

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Banksy et Shepard Fairy, alias Obey, sont peut être les deux figures
les plus populaires du street art. Par populaire j’entends connu et
reconnu comme artiste en dehors des cercles des étudiants d’Art, des
gaffiteurs et des spéculateurs de tout poils. Le premier avec des
œuvres percutantes, pertinentes et profondes qui subliment une
technique parfois rudimentaire, le second avec des images fortes et
belles, d’une grande maîtrise plastique qui se suffisent à elles
même…bien qu’en réalité l’ensemble de la production des deux
artistes ne soit pas aussi franchement caricaturale et c’est une
exposition de sérigraphies de Shepard Fairy qui me fait nuancer mon
propos qui pourrait sembler dépréciatif (on serait à la radio vous
entendriez que cela n’est pas le cas). Au milieu d’un ensemble
d’oeuvres au propos clair et limpide, dans cette réflexion sur le
pouvoir des images, notamment dans la propagande publicitaire, avec le
détournement, facile mais efficace, des codes même de la publicité et
des régimes totalitaires, rouge, noir, bleu, Rangers, plages,
symétries, et qui est le projet même d’Obey depuis les premiers
stickers jusqu’à la mis en abyme ultime de la célèbre marque de
vêtements et fait de l’artiste le dernier véritable hériter du Pop Art
; au milieu de cet héritage Warholien, dont le visage apparaît avec
celui de Martin Luther King et de Joe Ramone, deux œuvres ne font plus
images mais sens. Car il conviens de les lires et de mobiliser des
connaissances pour en décrypter le message.
This is a poster et Og Lampbase.
La première est interessante car elle nécessite de prendre du recule.
Des près nous pouvons lire un texte qui décrit l’œuvre en anglais et
son processus même de réception par le lecteur (« c’est un poster,
cette écriture fait le design du poster… ») avec beaucoup d’ironie et
de sarcasme envers le consommateur qui le regarde. En prenant du
recule l’image/signature d’Obey, le visage stylisé du catcheur Mike
The Giant nous apparaît de manière fantomatique. L’écriture se fait
image. Is what you see is what you see ?
En triptyque avec un big brother is watching to you viens ce très
curieux Og Lampbase.
Une image mal définie, un espèce de pochoir raté, une forme presque
abstraite surplombe cette phrase: the medium is the message. Le medium
c’est le message. Phrase emblématique de la pensée du philosophe des
médias Marshall McLuhan qui ici met en lumière le point de jonction du
travail d’Obey entre art, image et politique. D’une manière plus forte
il entre en résonance avec l’actualité.
En cette période d’élections française je m’informe de façon élargie:
presse, radio et, chose rare pour moi, télévision. Mais je n’arrive
pas y voir autre chose que cela: écran lumineux, décor de studio, bloc
de texte typographique, photographie retouchées, mimiques sonores,
postures et conventions. Je visite des expositions pour prendre du
recul mais là encore je ne vois que peinture, bronze, t’as d’objets
éclairés dans des pièces de placoplatre… Mais alors où trouver de
l’Art ? Ou trouver des images ? Ou trouver de la politique ?
Otto Mühel disait dans ses lettres à son amante perdue que l’Art
devait être politique au sens large. Politique viens du grec et veux
dire « de la ville ou de la cité » dans le sens d’une activité
citoyenne.
Alors oui peut être que les seules œuvres, les seules images et la
seule politique vraie est celle que l’on trouve dans la rue.
Et l’on saisie alors l’importance d’une oeuvre/image comme Hope dans
l’élection d’Obama… Il y a plus d’art, d’imago et de politique dans
le tag en bas de chez moi que dans tous les débats et toutes les
expositions du monde.
À voté !

J’y ère

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Barbe Longue Mémoire Courte

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La jeunesse d’aujourd’hui c’est plus ce que c’était disait Platon ou je ne sais quel croulant de l’antiquité. C’est vrai que les jeunes de maintenant respectent plus rien, surtout pas le savoir des anciens. Ils s’intéressent qu’à des choses futiles: des BD idiotes avec des super-héros peu crédibles, des jeux vidéos ultra violents, des sites pornos dégoûtants… Les adultes ne s’intéressent pas à tout ça, bien sûr et en visite à Barcelone ils ne traînent pas du côté de l’arc de triomphe avec toutes ces boutiques hallucinantes de jeux vidéos, de comics américains et de films d’horreur pleins de femmes dénudées… Non l’adulte responsable visite la cathédrale de Barcelone dédiée à la Patronne de la ville, St Eulalie, martyre sous l’empire romain et dont les reliques reposent dans la crypte. Sa triste histoire est contée dans de stupéfiants bas-reliefs moyen-ageux (mais je ne suis pas certains de cette info) à la vue de tous. On y voit une meuf à moitié à poil se faire attacher sur une croix de St André par des mecs en uniformes de soldats entre des puttis et des rats ornementaux. Ça me fait bien penser à tous ces films de sexpolitations à moitié SM, rape and revenge et torture porn qui continuent d’être projetés dans nos salles de cinéma les plus respectables depuis les années 60 au moins. Si on regarde ces bas-reliefs destinés aux population illettrées, si l’on regarde d’autres production de ce genre, comme ces gravures sur bois anonymes, par exemple le martyre de St Érasme, qui se vendaient sur les foires du moyen-âge, on constate que le goût du public n’a pas beaucoup évolué et que la fascination pour la mort, le sexe et les héros indestructibles reste une valeur sûre pour attirer les gens dans les grandes structures du contrôles des masses (églises, cinémas, supermarchés culturels). Saine catharsis disait Aristote et Baudelaire ou des types de ce genre.
Dans le cadre d’une préparation de visite pédagogique à l’exposition Shoah et BD au mémorial de Paris, je relis Maus, Metamaus et l’excellent catalogue de l’exposition, qui évoque toute une culture populaire mêlant, avec ambiguïté et mauvais goût, nazisme et érotisme au cinema, en littérature et en BD, parfois écrit par d’anciens déportés et très populaire en Israël dans les années 50/70.
Pour ne pas conclure ces morceaux de pensées fragmentaires, sans lien à priori, et en laissant une porte ouverte, je dirais d’une part qu’on est toujours le jeune de quelqu’un et de l’autre que tout est dans tout, surtout dans le sexe de femme.
J’y erre
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