Tentative d’introduction

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L’Art, et plus largement la pensée (ces termes sont pour moi équivalent), me semblent fonctionner par association, rencontre, connexion. Et dessine au final une idée comme on trace une constellation. Il suffit d’être disponible et ouvert. C’est pourquoi je me laisse souvent porter, je ne force aucune direction à mon esprit. Je lis les livres que je trouve, je rentre dans les expositions dont les portes sont ouvertes au grès de mes déambulations situationnistes ou fonctionnelles (il n’y a plus de pain pour ce soir et je croise un Warhol).

C’est en entrant dans une exposition de masques et fétiches venus d’Afrique que je croise cette statuette parsemée de clous et pointes d’acier. Devant la force expressive de ces objets rituels, je ne pense pas à Picasso ou à Kirchner. Le corps, sa mise en scène dans la catharsis mystique est trop forte pour que je ne puisse y voir l’analogie avec l’Art corporel porté par Gina Pane où Carolee Schneemann.

Mais peut-être est-ce là une disposition de mon esprit. Car je suis en train de terminer un roman de Miguel Hernandez qui pose une réflexion sur cet Art Contemporain des limites que questionne Paul Ardenne dans l’extrême contemporain. L’Artiste sociale sulfureux suivit par le protagoniste de tentative d’évasion est fictif mais il évoque tout à la fois Marina Abramovic, Chris Burden, Ron Athey, David Nebreda, Santiago Sierra, le groupe cadavre ou Marcel Flores. Il a pour maître Fakir Musafar, Peter Witkin et Bob Flanagan.
Le livre prend l’aspect d’un thriller gentillet qui ne tombe jamais dans le glauque, qui ne justifie jamais cette tendance artistique mais donne des pistes de compréhension intéressantes.
Étrangement j’ai commencé ce livre que l’on m’a donné quelques jours après m’être débarrassé d’ouvrage d’une autre vie où je portait un fort intérêt pour les modifications corporelles. Il y avait un recueil de numéro du Fou, journal de toutes les déviances post -68, un beau livre photographique du pornographe Housk Randall, un livre des tortures et le dictionnaire des fantasmes et perversions où l’on croise Fakir Musafar, Georges Bataille et les Actionnistes Viennois.
Tout cela a germé dans mon esprit et ce texte a pris forme le lendemain, après une longue marche et un grand feu, lors d’une nuit à la belle étoile à 2000m d’altitude, en contemplant la Voie lactée et en faisant corps avec la montagne.
Je vous laisse, je dois faire un peu de couture.

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100 pts ! Bel lavoro

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J’avais prévu de faire ce texte sur le David du Caravage à Rome pour le clin d’œil à l’ami Renaud. Mais en lieu de place du tableau: RIEN ! Alors j’aurais pu gausser sur la peinture du mur en faux marbre mais après avoir bloqué une heure sur les vrais marbres qui recouvrent sols et parois de la Chiesa Nova j’ai trouvé ça un peu fade… Dès lors que choisir ? L’une des ruines magnifiques de la ville éternelle ? La pâle copie de la Leda de De Vinci ou les magnifiques tableaux de ses élèves qui n’intéressent que moi ? Une oeuvre de Sodoma pour le plaisir de l’introduire ? Les canapés surréalistes de la gallerie d’Art Moderne ? Le paysage à Blainville, oeuvre de jeunesse impressionniste de Marcel Duchamp ? La Tombe de Raphaël dans la Panthéon ? L’ambiance satanique qui se dégage de l’église de St Pierre au lien avec ses squelettes, croix renversée et Moïse Cornu ? Les œuvres urbaines fluxus de Fausto Delle Chiaie dont je n’ai vu que le catalogue et les photos faites par les copains car j’avais décidé de rentrer en taxi ? Les fresques antiques du musée national Romain qui fait de Botticelli un pâle recycleur ?
Je pense qu’il n’y a là que petites anecdotes qui n’iront pas plus loin que le mot d’esprit facile. Non la vraie révélation romaine pour moi aura été les mosaïques, croisées un peu partout, antiques, renaissances ou contemporaines puisque Space Invader a depuis longtemps envahit les rues, perpétuant ainsi une tradition ancienne. Les effets visuels sont saisissants, le rendu extrêmement plastique, avec une finesse parfois proche de la peinture, et les techniques d’une variété incroyable. Il y a bien sûr de la mosaïque en cube plus ou moins gros, donnant parfois l’aspect des scènes de gladiateurs à celle d’un jeu video rétro , mais aussi beaucoup avec des pierres si minuscules que l’on se trouve devant une conception du paysage toute impressionniste. Mais aussi des techniques proche de la marqueterie, avec de larges aplats de marbres veinés de toutes couleurs qui sont plus bel effet.
Bon j’ai conscience que ma prose a l’emphase d’un Vasari sous lsd et je n’ai donc qu’une chose à vous proposer: See It Yourself !
Au final je me suis quand même consolé avec la solitude Caravage, récente biographie écrite par un écrivain posté à la villa Médicis, au moins aussi obsessionnel du sombre artiste que je le suis de Leonard (un jour je vous parlerais de mon projet de vie: cocher sur une carte du monde tout les lieux où l’on peux admirer la peinture de De Vinci).

J’y ère

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Souffre, doux leurre

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C’est un tableau étrange de 1884 qui m’a happé. Je suis retourné le voir plusieurs fois pour être certain. Une pièce, semble t’il une salle de bain, mais on dirait une entrée, en camaïeu de vert, quelques touches de jaune, beaucoup de tons souffre et chartreuse. Une jeune fille en robe bleue avec un chapeau quitte la pièce par une porte ouverte d’où émane une lumière verte. Elle regarde le spectateur. Elle me regarde. L’ambiance est étrange, suffocante. En face de moi il y a un miroir mais je ne vois pas mon reflet. Je suis un vampire. Le spectateur est ce chasseur qui se repaît de la substance picturale de modèles emprisonnées par des peintres sadiques.
En voyant ce tableau m’est venu la bande-son du Suspiria de Dario Argento, réalisée par le groupe psyché italien Goblin. Un grand disque qui absorbe tout entier. La lumière du tableau est assez proche de celle du film d’ailleurs. Witches ! Sorcières ! Demons et créatures aux dents longues. Les muses sont elles succubes ayant pour but de nous avilir dans la contemplation béate d’un monde imaginaire ? Ou notre cerveau se débrouille bien tout seul pour cela ?
Je n’ai pas vu le remake de Suspiria ni écouté la proposition sonore de Tom York. Je préfère me replonger dans l’intégrale de vampire de Joan Sfar, où les monstres gothiques jouent aux cartes avec les golems yiddish. Entre deux face du vinyle suce-cité (l’édition italienne avec le pop up de démon dans le gattefold), écoutez Joan Sfar parler de peinture, de femme et d’amour sur France Inter. Vous en sortirez exsangue.

J’y ère

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En des Villes Art

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Il y a des villes qui sont des villes d’Art. Des musées à ciel ouvert comme on dit. Pleines de sculptures monumentales, joyaux architecturaux et street art en réalité augmentée. Je pense à Paris, Barcelone, Londres, Florence. Mais certaines ont un petit quelque chose en plus. Elles SONT des œuvres d’Art en elle même. Je ne sais pas trop à quoi ça tient, c’est peut-être une vision très subjective. L’architecture, l’urbanisme y jouent un rôle important. J’y rangerais des villes comme Venise, Vienne, Pompéï, Les Cinq Terres, Los Angeles peut être mais je n’y suis jamais allé, Lyon si l’on prend la peine de soulever quelques bouches d’égouts.
La ville oeuvre c’est celle où la dérive situationniste s’impose d’elle même. La psychogéographie de Guy Debord me semble difficile dans les trop grandes villes. Il faut pouvoir tourner en rond pour actionner la transe.
Je ne sais pas trop ou classer Tarragone. Cette ville, port stratégique, est la deuxième de méditerranée en terme de ruines antiques, après Rome. S’y promener, c’est remonter le temps. Les morceaux de temple jouxtent l’enceinte médiévale. La cathédrale gothique semble presque païenne. Quelques éléments Art Nouveau s’accroche à l’ensemble de leurs tentacules organiques, comme le très beau marché couvert. La modernité d’Haussmann ou Nouvel est absente ou s’immisce à grand peine. Pas un coin de rue sans une pierre taillée plusieurs siècles en arrière. Romulus et Remus y trônent en toute légitimité. Deux enfants nourris au lait d’une Louvre ne pouvaient bâtir que des lieux surréalistes et Tarragona serait cette Rome boite en valise duchampienne, ce ready-made de l’antiquité qui en fait une oeuvre d’Art en propre. Il suffit de traverser à pied l’aqueduc au bord de l’autoroute pour s’en convaincre…

J’y ère

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Street art ?

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Samatha Bosque est une des artistes qui à le plus souvent attirée mon attention ces dernières années dans les expositions d’Andorre. Originaire de Barcelone, cette artiste est largement sollicitée dans ce petit pays qui porte un intérêt grandissant pour l’hyperréalisme. Ses peintures en négatif qui se regardent au travers du filtre d’un smartphone ou ses récentes fresques monumentales m’ont impressionné, enchanté et diverti.
Mais le vrai choc est arrivé par sa dernière exposition au musée du tabac en Andorre.
De très grands portraits hyperrealistes posés à même le sol ou sur des vieux cartons. Ces hommes et ces femmes vivent dans la rue, parfois depuis 20 ou 30 ans et ont dédicacé eux même l’image de leurs visages meurtris. La technique est impeccable et nous met face à ce que l’on ne regarde pas, que l’on évite et qui nous dérange en sortant du musée ou du restaurant.
Étudiant fauché je partageais mon repas du midi avec le clochard, ancien légionnaire, en bas de chez moi. Lycéen j’achetais une viennoiserie de plus pour le paumé du coin de la rue. Jeune ado je discutais avec le coldo du village, Boudu céleste et pétillant.
Aujourd’hui je souri d’un air gêné, presse le pas et explique à ma fille qu’on ne peux pas donner à tous le monde.
Les tableaux me font penser à ma grand-mère, qui venait chaque samedi garnir mon frigo de bohémien, non sans avoir effectué le parcours de tous les sdf de la ville avec pour chacun un sac de vêtements complet, des chaussettes au bonnet, qu’elle récupérait à la Croix-Rouge. Il y avait beaucoup de monde à sa mise en terre.
Un cercueil de plus dont le poids massif se fait plus lourd sur le cœur que sur les épaules…
A 35 balais on commence à en empiler des boites en bois dans les trous de sa mémoire. J’avais commencé à écrire une liste longue comme un poème de Victor Hugo avant de l’effacer, par pudeur.
Les memento mori sont important mais il ne faut pas oublier qu’il existe aussi des vivants un peu partout, parfois pas loin, dont il ne tiens qu’a nous qu’ils puissent l’être encore.
J’y ère
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A rose is a rose is a rose

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Aujourd’hui c’est la San Jordi.
C’est une fête de Catalogne que j’aime bien, qui équivaut à notre St Valentin. Les garçons offrent une rose à leur amoureuse, les filles offrent un livre à leur amoureux.
Cette fête prend ses racines dans l’histoire médiévale de St Geroges et le dragon. St Georges (San Jordi), délivre la princesse qui s’offre en sacrifice au terrifiant dragon qui terrorise le royaume. En récompense le roi lui offre la main de sa fille. St Georges refuse.
C’est l’esprit chevaleresque.
Et les villes en ce jour se remplissent de stands de livres et de vendeurs de fleurs. A la télé, dans les journaux ont ne parle que de culture et de littérature.
Ce thème a largement été traité en peinture. Paolo Ucello et Raphael en ont peint deux beaux exemples que l’on peux voir au Louvre.
Avec mes filles nous nous amusons à trouver les représentations de St Georges dans les musées du monde.
Notre dernière trouvaille s’est faite à la nationale gallery de Londres dans la prédelle d’un peintre de la renaissance italienne qui est toujours une joie pour moi: Carlo Crivelli.
Carlo Crivelli fait parti de ces peintres singulier qui semblent portés par cette inquiétante étrangeté dont parle Baudelaire et que l’on retrouve chez Arcimboldo, Bosch, Le Greco, Chagall, Douanier Rousseau, Munch… Des trouvailles géniales (éléments en bas reliefs, mouches en trompe l’œil, passion excessive pour les fruits), associé à quelque chose d’un peu naïf, bancal, bizarre.
St Georges par Crivelli c’est la promesse que la mort et le sexe ne peut être dissocié, comme l’annonce les attributs de la monture et cette grotte ouverte en arrière plan…

J’y ère

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Atelier Poésures – Signes

Agésandros, Polydoros et Athénodoros – Laocoon – 40 avant J.C.

- 40 -Laocoon -Agésandros, Polydoros et Athénodoros

  • Proposition de Marion

Mythe,
Dieux et déesses,
Enroulés de serpent,
Grand méli-mélo,
Du serpent qui se mord la queue
Tous à la queue leu leu
Fait de pierre et de dieu
Qui se tiennent entre eux
Très pieux.

  • Proposition de Géraldine

L’union fait la force
Face aux serpents qui serpentent comme des serpentins
Nu nous sommes, pour éviter qu’ils ne s’agrippent
Nous sommes trois pour trois bras et demi et six jambes
Nous vaincrons ou pas

  • Proposition de Mylène

Scandaleux, odieux, intolérable
Comment pouvez-vous?
Minable, pourri, débile
Comment osez-vous?
Inexplicable, improbable, inimaginable
Vous l’avez fait !!
Amputer les statues de leurs mains

  • Proposition de Louise

Appelle les dieux.
Serpents, félonie, rêves cauchemardesques.
Délivre-toi de tout.
Ne reste pas prisonnier du monde qui t’opprime.
Fantasmagorie oblige.

  • Proposition de Nicolas

Il était une fois une petite couleuvre.
Qui voulait devenir kinésithérapeute.
Arpentant les chemins du Péloponnèse,
Elle rencontra successivement,
Un routier sympas, un baba un peu cool,
Et un mannequin (qui n’était qu’un mâne).
Se mettant au travail, elle commença son massage.
Mal lui en prit! Tous prirent peur.
Je me repens dit le serpent.
Mais ce fut trop tard.
Seule une urne opportune
Lui permit de se sauver.

  • Proposition de Renaud

Premier essai avant l’adoption du caducée.
Retour du client :
– Trop complexe
– Surcharge d’éléments
– Poids trop élevé
– Matériaux trop coûteux
– Difficulté à reproduire en masse
– Les trois demi-manchots sont trop suaves
– Indécence du sexe à l’air, libre
– Accord pour utilisation monochrome mais pas le blanc
(rapport à la pureté moins important qu’un éventuel rapport à l’espoir)

Ceci dit le client à exprimé un avis très positif sur l’utilisation du serpent.
Çà, on le gardera.

A moins que ce ne soit autre chose.

Kasimir Malevitch – Cercle noir -1926

1926 - Cercle noir - Kasimir Malévitch

  • Proposition de Marion

Cercle noir sur toile blanche,
Ou disque noir en mathématique,
Ou lune noire sur ciel blanc.

  • Proposition de Géraldine

Je suis le cercle noir
Sur un carré blanc
Ou un carré blanc
Sous un cercle noir

Qui dit que je ne suis pas
Tout simplement
un trou rond dans un
carré blanc ou un
rond noir sur une
vitre carrée

  • Proposition de Mylène

Mais qui est là?
Un fond de l’oeil
Un espace noir
Un trou noir a n’en plus finir
Un appel, un cri dans l’infini
Absorbé par le cercle, au bord d’un blanc définitif
Une lune noire, seule, dans la profondeur d’un blanc d’oeuf
Quand, pis encore, il se mêlait à la peinture pour sublimer la lumière.

  • Proposition de Louise

Le cercle noir, que cache-t-il ?
Lueur morte dans un clair, translucide.
Où sont passées les lumières ?
Peut-être est-ce le contraire ?
Où sont les ombres de la nuit autour de ce cercle ?

  • Proposition de Nicolas

Le bout du tunnel est-il si loin?
A travers le petit trou de la serrure
Le cheminement d’une ferrure
Permettra-t-il de faire le point?

Au delà de la forme, le fond
Remonter le temps, retrouver la mémoire
S’appuyer peut-être sur une tâche noire
Pour comprendre et maîtriser le rond.

Tourne, tourne dans ton cadre blanc
Va et viens dans tous les sens
Tu es libre, je le pense
De disposer de l’espace et du temps

  • Proposition de Renaud

C’est ce que j’appellerai : une pupille dans un œil carré
C’est ce que n’importe quel geek appellerait :
Les héros de l’œil noir mais sans héros
ou
Les chroniques de la lune noire mais sans chroniques
C’est ce que n’importe quel toon appellerait : une échappatoire
C’est ce que n’importe quel astrophysicien appellerait : un trou
C’est ce que n’importe quel peintre appellerait : une surface sur une surface
C’est ce que n’importe quel écrivain appellerait : la fin de l’histoire

A moins que ce ne soit autre chose.

René Magritte – Les amants – 1928

1928 - Les amants - René Magritte

 

  • Proposition de Marion

Les amants cachés,
Avec leur drap blanc
Sur leurs visages honteux
Où est l’amour?
Caché par leur désespoir
De ne plus jamais se revoir
ADIEU

  • Proposition de Géraldine

On ne se voit pas
Mais on se sent
Pourquoi s’embrasser
Quand l’imagination suffit?
Est-ce vraiment un baisé?
Ou un chuchotement à l’oreille
C’est un mariage
Un baisé blanc.

  • Proposition de Mylène

Toi le bel inconnu tant aimé
Toi la belle jamais oublié
Qui, ce jour, a délié nos mains
Cœurs pendus, sexes éperdus, amours déchus
Unissons par le drap nos amours interdits
Fenêtre bleue sur l’inconnu…

  • Proposition de Louise

Que cachez-vous derrière vos linceuls ?
Que cachez-vous derrière vos foulards enrubannés ?
La pudeur, l’affront,… une vie cachée
Des amants effrontés, des amoureux offensants, la peur de l’autre
Ou simplement un amour solitaire, anonyme.

  • Proposition de Nicolas

Peut-on tamiser u mot d’amour ?
Peut-on filtrer un regard émerveillé ?
Peut-on étouffer un souffle attendri ?
Peut-on réfréner une intention de fusion ?
Peut-on cacher ses sentiments ?
Peut-on assourdir les battements de son cœur ?
Peut-on s’asphyxier de passion ?
Peut-être, peut-être pas, essayons !

 

Proposition de Renaud

Il n’y a pas trente six moyens,
trente trois procédés,
vingt deux biais,
treize recettes,
dix manières,
neuf façons,
huit coutumes,
sept convenances,
six techniques,
cinq méthodes,
quatre quatre,
trois système,
et deux formules,
Pour se rouler une pelle entre lépreux.

A moins que ce ne soit autre chose.

Helena Almeida – Etude pour amélioration d’intérieur – 1977

1977 - Etude pour amélioration d'intérieur -Helena Almeida

  • Proposition de Marion

Améliorer son intérieur
Quels choix :
Du bleu, du blanc, du gris,
Femme à demi cachée
Tableau de maître brisé
Cheminer dans son papier peint
A demi teint
Fin

  • Proposition de Géraldine

Non, arrêtez !
Je suis là devant vous
Non, arrêtez !
Le bleu ne me sied pas
Non, arrêtez !
Mon ombre à peur
Non, arrêtez !
C’est moi, ici, qui vous parle
Non, arrêtez !

  • Proposition de Mylène

Ce fut sa période bleue
Tout exactement tout
Fut peint en bleu
De la bicyclette au chat
Bleu marine, outremer, foncé ou clair
Bleu, Bleu, Bleu.
Bleu-vert c’est une autre histoire
Celle de l’espoir et de la chlorophylle.

  • Proposition de Louise

Que caches-tu derrière ce paravent bleu.
Toi du monde extérieur… !!
L’effroi, sensibilité exacerbée…
Montre-toi.
Ne sois plus apeurée.
Le bleu du ciel t’innonde
Ce regard sombre n’est plus nécessaire.

  • Proposition de Nicolas

Publicité pour le côté d’azur :
Sous les pas-vus, la plage
Derrière le turquoise, tu me toises
Tenant un littoral vertical
Tu m’invites, moi, le bleu
A te rejoindre, j’en suis ébleui !

  • Proposition de Renaud

Il a encore prit tout le drap.
Je m’en doutais
C ‘est pourquoi je dors en pull

D’ailleurs je ne dors que d’un œil
Celui qui peut s’y glisser… sous le drap.

Je reste quand même sur le bord
Ça fait belle lurette que je ne me colle plus à lui
La nuit…
Comme le jour aussi

Je le tire mollement… ce drap.
Je le mordille de mon seul œil écarquillé

On l’a acheté ensemble, ce drap.
A l’époque je pouvais de temps en temps
Le traîner dans les magasins.
On l’a choisi bleu parce que rouge ça attire les taureaux
Et si il est possible de trouver une moustiquaire
Il est improbable voir impossible de trouver une taureauïaire
Bleu c’est bien

Il a vécu, ce drap.
S’abîmant aux bords
Mais jamais sa couleur ne ternis
Ce qui n’est pas mon cas.

A moins que ce ne soit autre chose.

Présence Panchounette – L’art à tout casser – 1990

1990 -L'art a tout casser - Presence Panchounette

 

  • Proposition de Marion

Monsieur perché sur son lave-vaiselle
Posant nu avec son assiette
Tout autour de lui sa vaiselle cassée
Que lui est-il arrivé?
A-t-il confondu le Marche / Arrêt?

  • Proposition de Géraldine

Comment dire…
Non, vous n’aurez pas mon précieux
Vous qui êtes brisées jusqu’au centre de vous même
Vous n’aurez pas mon précieux
Juché sur le mont propre
Vous n’aurez pas mon précieux
Il est à moi et à moi seul
Qui suis assis sur une botte de sept lieu

  • Proposition de Mylène

Débris de discution, ont fait affront au Disco
Disco musique pas de fond, rythme les pas
Pas de vaisselle cassée, témoin de velléité
De ce  Discobole rattrapé pas la vérole
Des carabins fripons de l’oeuvre en cuivre

  • Proposition de Louise

Lanceur de disques… ?
Lanceur d’assiettes… ?
Assiettes brisées… nettoyage automatique…?
Où en sommes-nous ?
Dieu que la raison est éphémère… !!

  • Proposition de Nicolas

Où étais-tu hier soir, chéri?
Encore sorti écouter des disques
Avec tes potes tous coiffés au bol
Façon Beatles, et tu souris!

Moi, comme d’hab je me farcis
Toutes les tâches domestiques
On peut dire que je n’ai pas de bol
J’en ai marre de cette putain de vie!

Tôt ou tard, tiens-le toi pour dit
Je me casserai, c’est le risque
Comme la vaisselle que tu vois sur le sol
Et tu finiras seul comme un radis!

  • Proposition de Renaud

A qui d’envoyer, à qui de recevoir.
C’est la guerre.
C’est la guerre ménagère.
Une ménaguerre en quelque sorte.
Une ménaguerre apocalyptique sur le point de s’éteindre.
Puni…
Au coin, le dernier soldat entame un mouvement d’attaque,
Un geste d’assaut, une contre parade agressive,
Contre l’envoyeur, contre vous!
Surélevé sur une machine dite : de guerre, il vise…
Se malaxant la fesse gauche sur une bûche pour optimiser sa précision.
Attention spectateur…
Baisse-toi !

A moins que ce ne soit autre chose.

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